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Projet ITER : un nouvel accord signé

Publié le 22/11/2006 à 16:33 par David
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Un accord international a été signé le 21 novembre en vue de la réalisation du réacteur expérimental ITER. Cet accord juridique et financier suit l'accord politique déjà signé en juin 2006. Il a été ratifié par les 7 partenaires internationaux : l'Union Européenne (qui est le principal contributeur financier et qui accueillera le réacteur sur son sol), les Etats-Unis, la Russie, le Japon (qui assurera la direction du projet), la Chine, l'Inde et la Corée du sud. Les populations de ces pays représentent à elles seules la moitié de la population mondiale.

Rappellons qu'ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est un réacteur expérimental dont l'objectif est de valider une technologie permettant la production d'énergie à partir de la fusion thermonucléaire, ce qui revient à reproduire les réactions qui se passent à l'intérieur du Soleil. Si cette technologie est validée, elle permettrait de tirer autant d'énergie d'un litre d'eau de mer que d'un litre de pétrole.

Il ne faut pas confondre la fusion et la fission, qui est actuellement utilisée pour la production d'électricité dans les centrales nucléaires. La fusion consiste à rapprocher 2 noyaux atomiques d'hydrogène qui, du fait de leur charge positive, se repoussent en produisant au passage de grandes quantités d'énergie. Ce "rapprochement" nécessite une température très élevée, de l'ordre de 100 millions de degrés Celsius.
La fusion a pour avantage de fournir une grande quantité d'énergie à partir de matière première facilement disponible, de ne générer aucun gaz à effet de serre et beaucoup moins de déchets radioactifs. De plus, les déchets radioactifs obtenus ont une durée de radioactivité supposée plus courte : il faudrait compter environ une centaine d'années avant qu'ils ne retrouvent un taux de radioactivité normal.

Le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône, France) a été choisi pour héberger le réacteur. La construction doit durer 10 ans (entre 2008 et 2018). Ce réacteur expérimental devrait être suivi, à l'horizon 2030, d'un réacteur indutriel qui devrait confirmer ou infirmer la viabilité économique de ce système.
L'agence Iter International, dont la présidence est assurée par le japonais Kaname Ikeda, est déjà installée sur le site. Une soixantaine de scientifiques sont également déjà présents sur place. A terme, ce projet devrait mettre à contribution un millier de scientifiques.

Les 7 partenaires se partageront le coût du projet qui s'élève à 10 milliards d'euros (4.6 milliards de construction, 4.8 milliards de coût d'exploitation et un demi-milliard de démantèlement du réacteur).
Les coûts de construction seront assurés à 50% par l'Union Européenne (12% pour la France) et à 10% pour chacun des 5 autres partenaires. L'Inde ne fait pas partie de ce décompte suite à son rattachement tardif au projet (décembre 2005), mais doit tout de même apporter 500 millions d'euros qui serviront de réserve.
Les coûts d'exploitation (étalés sur 20 ans) seront assurés à 34% par l'Union Européenne (7% pour la France) et à 11% pour chacun des 6 autres partenaires.

La construction du réacteur, qui doit commencer en 2008, nécessite l'aménagement d'une route capable de supporter le passage des énormes pièces qui vont constituer le réacteur. Ces pièces arriveront par le port de Marseille, situé à une centaine de kilomètres, en provenance des différents pays du monde où elles auront été élaborées.

En France, on estime que cette construction devrait générer 3000 emplois directs ou indirects, pour moitié dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, sachant qu'une grande partie des appels d'offres n'ont pas encore été lancés par l'agence Iter Europe (basée à Barcelone, Espagne).

Un tel projet n'a évidemment pas que des amis... Ses opposants s'inquiètent du coût élevé d'un projet dont on ne sait pas encore si le résultat sera positif. De plus, le collectif "Sortir du nucléaire" pense qu'un tel projet peut-être dangereux pour l'environnement et estime la durée de vie des déchets radioactifs à 1000 ans et non pas 100. Greenpeace parle également de "projet dangereux", "improbable".

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